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Le Rhum : Nouvelle législation.

Une bonne nouvelle pour les puristes et pour les consommateurs avisés : Une nouvelle loi (règlement 2019/787) avec de nouveaux critères définissant l’appellation rhum a été votée le 21 mai 2019 et entrera en vigueur au mois de Mai 2021.

Cette loi servira à rétablir l’équité entre les rhums d’origine France (Martinique, Réunion……) qui eux sont soumis à la législation Française depuis toujours et les Rhums d’autres origines.

Que contient la nouvelle loi sur la législation du rhum ?

Elle définit de nouveaux critères d’appellation qui stipulent que tout rhum avec un taux de sucre au-delà de 20g/L rentre automatiquement dans la catégorie des boissons spiritueuses. Par exemple : Le Don Papa 7 ans dépassant légèrement ce taux, il n’est plus autorisé à s’appeler « rhum » en Europe. Mais continuera à s’appeler « rhum » aux Philippines.

 On considère que si la vanilline a été apportée par le bois, c’est un rhum. Si elle a été ajoutée sous forme d’arôme alors c’est une boisson spiritueuse.

En résumé, toutes bouteilles de Rhum ne correspondant pas à ces critères ne pourront plus mentionner le terme « RHUM » sur leurs étiquettes, mais le terme « BOISSON SPIRITUEUSE.

Quels sont les repères sur les mentions de vieillissement utilisées pour les rhums français ?

6 mois (ou plus) : rhum « Brun »

1 an (ou plus) : rhum « Elevé sous-bois »

3 ans (ou plus) : rhum « Vieux », « Très vieux », « Very old », « VO »

4 ans (ou plus) : « Vieille réserve », « Réserve spéciale », « Cuvée spéciale », « VSOP » (Very spécial old pale)

6 ans (ou plus) : rhum « Extra vieux », « Extra old », « XO », « Hors d’âge », Grande réserve »

Arôme : Le rhum n’est pas aromatisé. Le rhum ne peut être additionné que de caramel afin d’en adapter la coloration.

 La Vanilline naturelle, qui est présente dans le bois des fûts, et s’intègre progressivement au rhum avec les années. Mais elle existe aussi sous forme d’arôme naturel ! On considère que si la vanilline a été apportée par le bois, c’est un rhum. Si elle a été ajoutée sous forme d’arôme alors c’est une boisson spiritueuse.

 Sucre : Le rhum ne peut être édulcoré que pour compléter le goût final du produit. Toutefois, le produit final ne peut contenir plus de 20g/L de produits édulcorants.

 Age : Une durée de vieillissement ou un âge ne peuvent être précisés dans la désignation, la présentation ou l’étiquetage d’une boisson spiritueuse que s’ils font référence au constituant alcoolique le plus jeune de la boisson spiritueuse.

En français on utilise le terme Rhum, en espagnol Ron et en anglais Rum, les trois termes signifient donc bien la même chose. Le terme utilisé dépend de la langue du pays d’origine. Une boisson spiritueuse sera donc bebida espirituosa en espagnol et spirit drink en anglais.

Quelles sont les règlementations applicables pour les spiritueux ?

Tout spiritueux est soumis à deux réglementations : celle du pays du producteur et celle du pays du consommateur. Si la réglementation du pays producteur est plus stricte que celui du consommateur, il n’y a pas de problème de conformité. Cependant, si la réglementation du pays producteur est moins stricte, alors il y a un risque de non-conformité. Selon des contrôles réalisés par la DGCCRF en mai 2018 sur 53 rhums hors DOM-TOM, 44% comportaient « des anomalies concernant l’ajout d’arômes, de glycérol, et la mauvaise indication du degré d’alcool ».

La vanilline est apportée naturellement par le vieillissement en fût, mais dans une certaine proportion. Il existe deux types de vanilline : La Vanilline naturelle, qui est présente dans le bois des fûts, et s’intègre progressivement au rhum avec les années. Mais elle existe aussi sous forme d’arôme naturel ! On considère que si la vanilline a été apportée par le bois, c’est un rhum. Si elle a été ajoutée sous forme d’arôme alors c’est une boisson spiritueuse.

 L’Ethyle Vanilline, qui est un arôme de synthèse, n’existe pas à l’état naturel. Cet additif est fréquemment utilisé pour son pouvoir aromatisant 3 fois supérieur à la vanilline naturelle. Il est notamment présent dans les glaces, yaourts, etc… S’il est présent dans un spiritueux alors celui-ci entre dans la catégorie boisson spiritueuse.

Il n’y a pas de sucre résiduel dans un rhum tel que défini par l’UE, car le sucre est transformé en alcool à la fermentation et ne passe pas à la distillation. La seule exception qui apporte une quantité très faible de sucre concerne les rhums vieillis dans des fûts de vin doux de type PX ou Sauternes. L’ajout de sucres dans un rhum est autorisé dans la limite de 20 g/L selon la nouvelle réglementation. Si le taux de sucre est supérieur à 20g/L, on parle de boisson spiritueuse. Au-dessous de 10 à 12 g /L environ, le sucre ajouté peut avoir un rôle d’exhausteur de goût mais n’a généralement pas ou très peu d’effet sucrant. Au-dessus de 12 à 15 g /L environ, il commence à y avoir un effet sucrant perceptible

Le Code de la Consommation oblige les acteurs de la filière a une information claire et transparente du consommateur.

Le producteur : l’étiquetage doit être conforme à la réglementation de l’Union Européenne. Si son produit est non-conforme, la mention Rhum est interdite, seule la mention Boisson Spiritueuse appuyée par la liste d’ingrédients (rhum, vanilline, sucre…) doit figurer sur l’étiquette. S’il y a une mention de l’âge sur le produit, celle-ci doit indiquer l’âge du rhum le plus jeune, et non celui du plus vieux.

 L’importateur: il est responsable de la mise en marché de produits conformes à la réglementation. La validité des étiquetages doit être vérifiée, et en suivant une présentation commerciale (brochures, affichage, etc.…) non trompeuse.

 Le revendeur: il doit adapter sa mise en rayon de manière transparente. Les rhums doivent être présentés séparément des boissons spiritueuses et le consommateur informé de la catégorisation du produit qu’il achète.

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